Archive for mai, 2010

2700 opérateurs illégaux en France – étude de Francis Merlin I

Jeudi, mai 20th, 2010

francisFrancis Merlin, consultant marketing et délégué général du Monaco iGaming Exchanges, a lancé fin avril 2010 une nouvelle étude, appelée « Incidence des sites illégaux sur le marché français des jeux d’argent et de hasard en ligne ». Il y présente quelque chiffres importants de l’industrie française de jeux:

- 2 millions d’internautes français jouent sur des sites étrangers illégaux;
- le nombre de sites illégaux s’élève à 2700;
- les opérateurs illégaux empochent environ 1,5 milliards €;
- la France perd des taxes annuelles afférentes aux alentours de 112 millions €.

En faisant une analyse détaillée de ces chiffres, Francis Merlin a estimé qu’au niveau mondial il y a entre 10 000 et 15 000 sites de jeux, dont 10% proposent une interface en français. Il a fait ses estimations en comparant le marché français avec celui italien. En Italie on a identifié 2007 attaques d’opérateurs illégaux, tandis qu’en France, il faut rajouter 35 % de sites illégaux aux 2007, car les jeux de casinos et d’autres types de jeux ne sont pas autorisés. Francis Merlin apprécie également que le nombre des sites potentiellement illégaux va augmenter de manière significative dans les 3 ans à venir.

Francis Merlin rappelle que le système mis en place par les autorités françaises est le plus répressif du monde: blocage des sites illégaux par le service Cyberdouane, sanctions pénales et peines de prison, interdiction de publicité et interdiction de transferts des comptes entre l’opérateur et le joueur. Même leur caractère trop restrictif leur sera défavorable, selon l’analyste, qui prévoit qu’en France toutes ces mesures seront soit contournables, soit extrêmement difficiles à mettre en application tant sur le plan technique que juridique, avec un coût de mise en œuvre extrêmement élevé.

Continuation

2700 opérateurs illégaux en France – étude de Francis Merlin II

Jeudi, mai 20th, 2010

jeuxToutefois, les sites illégaux vont disposer de différents moyens de détournement des contrôles, tels que le blocage du DNS par un programme qui permet de s’affranchir du nom de domaine en se procurant directement l’adresse IP; le blocage de l’adresse IP peut être contourné à l’aide d’un programme de changement dynamique de leur adresse IP à chaque seconde; l’utilisation du site miroir, qui mutualise l’adresse DNS et l’adresse IP et rend impossibles les mesures de blocage; les joueurs pourront créer un nombre infini d’adresses mail pour ne pas être identifiés ou même
utiliser des serveurs appelés proxy, qui ne permettent plus à l’opérateur d’identifier le joueur; les opérateurs étrangers ou des paradis fiscaux illégaux ne pourront pas être poursuivis en justice.

L’étude avance le chiffre de 2 millions de personnes qui vont continuer à jouer sur les sites illégaux après l’ouverture du marché. Francis Merlin explique que la motivation principale des joueurs français sera que l’offre légale prévue par la loi française ne propose pas les types de jeux et gains qu’ils espèrent: absence des jeux de casino en ligne et bingo, interdiction de participer aux tournois internationaux de poker en ligne et le taux de retour de 85% sur les sites approuvés contre 95% sur les sites illégaux.

En évaluant la perte du chiffre d’affaires imputable aux sites illégaux en 2011, Francis Merlin observe que le chiffre d’affaires de la France en 2011 aurait dû être de 1,8 milliard d’euros, mais il ne sera que de 1,35 milliard d’euros. La perte de chiffre d’affaires va s’élever donc à 25%, soit 450 millions d’euros. En évaluant la perte des recettes fiscales pour 2011, Francis Merlin observe qu’elle pourrait être de l’ordre de 34 millions d’euros.

L’étude conclut que pas tous les jeux seront affectés de la même manière. Ainsi, les opérateurs de paris sportifs, hippiques seront les moins touchés, tandis que les opérateurs de poker se trouveront au pôle opposé, car les joueurs français ne pourront jouer qu’entre eux, en excluant certaines variantes de poker et avec un taux de taxation élevé.